Comment devient-on copropriétaire ? Pour des questions relatives au droit de la copropriété, vous pouvez contacter notre Support juridique online Précision : "Chaque copropriétaire a le droit de consulter les documents comptables de la copropriété, suivant les modalités fixées par les statuts, l'assemblée générale et à défaut en concertation avec le syndic, pour autant que ce droit soit exercé de manière raisonnable. Le contrôle de la gestion par l' assemblée générale et éventuellement le conseil de gérance ne le prive pas de ce droit. En procédant à l'examen des documents comptables, le copropriétaire ne peut toutefois s'immiscer dans la gestion et donner des injonctions au syndic. La dissociation du droit pour un copropriétaire de consulter les documents comptables de la copropriété de celui de contrôler la gestion du syndic permet de concilier les droits respectifs des copropriétaires et de ses organes." Notion de copropriétaire et d'indivisionLe droit de propriété est caractérisé par l'exclusisme : une personne, le propriétaire, bénéficie seule de la totalité des prérogatives et attributs attachés à sont droit. Ainsi, le copropriétaire est celui qui partage le droit de propriété d'un bien entre une ou plusieurs personnes. L'indivision est donc la coexistence sur un même bien de droits de même nature appartenant à des personnes différentes (JP Vergauwe, "Les relations de voisinage" Edition Larcier 2008). L'indivision peut résulter d'un cas fortuit, lors d’une succession, ou de la volonté de plusieurs personnes d’acquérir un bien en indivision. Dans les deux cas, on parle d'indivision ordinaire. Mais, qu'est-ce qu’un immeuble placé sous le statut de la copropriété forcée ? Généralement, il s'agit d'un immeuble constitué d'appartements privatifs, associés à des biens dont la vocation est de demeurer en indivision. Il s'agit généralement de parties communes de l'immeuble par opposition aux parties privatives. Ainsi, lorsque vous achetez un appartement dans un immeuble, vous êtes propriétaire de la partie privative, et copropriétaire des parties qui sont à l’usage de tous les propriétaires (ou de certains d'entre eux). Parmi ces parties communes, on peut faire la distinction entre des parties qui ont vocation à demeurer communes, et d’autres qui peuvent moyennant l’accord de tous les copropriétaires devenir des parties privatives (une conciergerie, un jardin…). On peut également établir la distinction entre des parties communes qui sont indispensables à la jouissance des différents lots privatifs, et d'autres qui sont indispensables à la structure de l’immeuble : fondations, les murs porteurs, les toitures, tous les équipements sans lesquels aucune vie à l’intérieur de l’immeuble ne serait possible. Si dans le cadre d’une copropriété forcée, il n’est pas possible de demande le partage, concernant les indivisions fortuites et volontaires, chaque indivisaire peut demander la sortie d’indivision (art. 815 du C. civ.). |
Droits et obligations des copropriétaires dans le cadre d'une indivision ordinaireQuelle que soit l'origine de la copropriété (forcée, volontaire ou fortuite), celle-ci suppose une organisation précise des droits et obligations des copropriétaires dans leurs relations de voisinage (JP Vergauwe, op cit.). Chaque copropriétaire possède sur le bien en indivision une quote-part abstraite, présumée égale. Cette présomption est renversée si les parties en disposent autrement par voie de convention spéciale. L'article 577-2 du Code civil s'applique à tous les types de copropriété, à l'exclusion des §§9 et 10, qui ne concernent que la ccopropriété forcée. Les articles 815 et suivants du Code civil s'appliquent à tous les types de copropriété ordinaire, à l'exclusion de la copropriété forcée, y compris la mitoyenneté. Chaque copropriétaire peut poser valablement es actes purement conservatoires et des actes d'administration provisoire. Les actes d'administration et les actes de dispositions requièrent le concours de tous les indivisaires. La conclusion d’un bail par un copropriétaire constitue pour partie la location du bien d’autrui. Une telle convention est valable entre parties, mais ce contrat de bail reste inopposable aux autres copropriétaires non-intervenus dans le contrat. Il a été jugé que l’opposition au renouvellement d’un bail à ferme n’est ni un acte d’administration provisoire ni un acte conservatoire, il requiert le concours de tous les copropriétaires. La demande d’un copropriétaire tendant à la rupture d’un bail commercial ne constitue pas un acte conservatoire ou un acte d’administration provisoire. Le concours de tous les indivisaires sera indispensable. Jugé qu’un copropriétaire a qualité pour agir en annulation contre un plan particulier d’aménagement du territoire. Ce recours peut être qualifié d’acte purement conservatoire. Le copropriétaire ne peut user et jouir de la chose commune que dans le respect de sa destination, et dans la mesure compatible avec le droit de ses consorts (C. civ. Art. 577-2, §3). 2. Droits et obligations des copropriétaires dans le cadre d'une indivision forcéeOn rappelle que le régime de la copropriété forcée des immeubles ou groupes d'immeubles bâtis, est régi par les article 577-3 à 577-14 du Code civil. Les relations des copropriétaires sont régies par l'acte de base et le règlement de copropriété, éventuellement complété par un règlement d'ordre intérieur. Toux ces documents constiuent la charte de l'immeuble et la définition des droits et obligations des copropriétaires. Les statuts de l'immeuble sont très importants quant au comportement que chacun devra respecter pour assurer une vie commune au sein de l'association des copropriétaires de l'immeuble. Ces statuts règlent l'usage des parties communes, et notamment la jouissance exclusive de certaines parties communes, tels que certains jardins situés face à certains lots, à condition de ne pas porter atteinte à la destination de l'immeuble et aux droits des autres copropriétaires. Tout copropriétaire peut notamment effectuer certains travaux ou aménagements intérieurs, mais ce droit n'est pas illimité. Il est donc souhaitable que le copropriétaire qui souhaite effectuer des travaux importants dans ses parties privatives, d'en informer préalablement le syndic et, le cas échéant, obtenir une autorisation préalable de l'assemblée générale. JP Vergauwe dans son ouvrage (op cit.) rapporte une décision de la Cour d'appel de Paris du 2 mai 1983 à propos d'une action intentée contre les locataires d'un appartement qui avaient décidé de changer la moquette d'origine contre un parquet posé sur le sol. Si le copropriétaire qui souhaite effectuer des travaux, n'obtient pas l'accord de l'assemblée générale. Il pourra toutefois demander au juge de paix l'autorisation. |
L'article 815 du Code civil - Sortie indivision ordinaireNul ne peut-être contraint de rester en indivision. Le partage peut toujours être demandé, nonobstant les conventions particulières. La question de l’application de la règle contenue dans l’article 815 du Code civil en matière de copropriété volontaire est fort controversée. A ce sujet, nous renvoyons le lecteur à la banque de jurisprudence qui traite de cette question. |
La quote-partLa quote-part est la partie indivise afférent à chaque lot. Elle s'exprime généralement en millièmes. Elle est présumée égale dans le cadre d'une copropriété ordinaire. Mais les parties peuvent convenir d'une autre distribution. Dans le cadre d'une mitoyenneté, elle est également présumée égale, sauf convention contraire. Ainsi, deux parties dans le cadre d'une convention de mitoyenneté peuvent prévoir une quote-part plus importante en fonction de la destination du mur, notamment lorsque celui doit supporter un bâtiment important. Dans le cadre d'une copropriété forcée, chaque copropriétaire à une quote-part traduite en millième, en fonction de la valeur de son propre lot. |
